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La Transafricaine classic

Journal de Bord, 10 Novembre : Smara-Zouerat

dimanche 28 janvier 2007 par antoine

Notre départ est prévu à 7h44, donc lever aux heures habituelles, et même si ce matin nous ressentons le contrecoup de la fatigue accumulée, nous prenons le temps de profiter du copieux petit déjeuner auquel nous sommes désormais habitués. Puis après le brin de toilette nécessaire à une bonne remise en route de la machinerie personnelle et un dernier tour d’horizon de la mécanique, niveaux, coup d’oeil général et rangement, nous sommes fin prêt pour le départ.

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Photo ECRT
Les 504 prêtes pour un nouveau départ

Mais ce matin les choses ne semblent pas se passer comme d’habitude coté organisation, nous apprenons rapidement que le départ est un peu retardé et qu’un briefing aura lieu à 8 heures... D’emblée à l’heure prévue, nous sommes informés d’une difficulté au passage du mur qui doit nous permettre de rentrer en Mauritanie sans, finalement l’attente se prolonge jusqu’à 9 heures chacun discutant avec son voisin, les journalistes de M6 s’inquiétant quant à eux de leur courte présence sur le rallye et craignant de pouvoir réaliser les reportages escomptés.

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Photo ECRT
Quand l’une crêve, pourquoi pas l’autre !

A 9 heures, la nouvelle tombe, des indépendantistes Sahraouis auraient étés signalés non loin du mur, et le quai d’Orsay qui depuis Paris suit les déplacements de ses ressortissants aurait demandé à Patrick Zaniroli de contourner ce passage afin d’éviter tout problème. Ne pouvant passer outre une telle demande, c’est la mort dans l’âme que notre organisateur a du se résoudre à annuler cette journée, nous demandant de rejoindre la Mauritanie par le goudron en traversant le sahara occidental, soit une liaison annoncée de 900 kms (en fait 1050 kms...) Ce soir, un bivouac de fortune se fera aux pieds des dunes peu après la frontière, le Rallye reprenant son cours dès demain avec une spéciale improvisée Nouhadibou- Shinguetti.

Dommage, la partie nord Mauritanienne sablonneuse mais roulante était le terrain de jeu idéal de notre 504 sur laquelle nous pensions refaire le retard accumulé, heureusement le tracé de la spéciale prévue pour demain (secteur que nous connaissons bien) devrait nous permettre de faire la différence.

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Photo ECRT
Cette fois c’est reparti

Rapidement le départ de cette longue journée de liaison est donné et nous rejoignons l’océan Atlantique au niveau de Laâyoune pour ensuite ne plus le quitter jusqu’à la frontière soit sur 800 kms ! Imaginez une petite route départementale quasiment droite, traversant seulement 3 ou 4 villes ou villages sur une telle distance, soyez les bienvenus au Sahara Occidental !

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Photo Stéphane Cassier
Une Autoroute, jusqu’à la Mauritanie
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Photo Stéphane Cassier
Les pauses sont quand même bienvenues
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Photo Africarun
Les taversées d’aglomérations : Peu Nombreuses, donc ne pas oublier d’y faires quelques emplètes

Chacun prend son rythme de croisière, en profitant pour prendre des photos, voire quelques achats lors des traversées d’agglomération, mais la journée parait bien longue et monotone à bord d’Orange Mécanique qui file à son allure de croisière,à 80-90 km/h afin de ne pas la fatiguer. Pour d’autre, comme par exemple la 2 CV, les grandes distances ne semblent pas poser de problème et celle ci nous dépasse régulièrement filant bon train comme elle en a pris l’habitude à chaque fois que nous nous retrouvons sur le goudron.

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Photo Stéphane Cassier
Nous doubler sur le goudron : Plus facile que sur piste
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Photo Stéphane Cassier
Vue imprenable sur la mer

En fin de matinée, nous recevons un appel de Manu et André qui ont pris le temps d’une nouvelle révision du Pick up à Laâyoune et sont loin derrière tout le monde. Notre seul arrêt sera pour une courte pause déjeuner où nous retrouvons nos amis Frédéric et Vincent en compagnie de Carole et Mélanie.

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Photo Africarun
Pause déjeuner
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Photo Stéphane Cassier
Dakhla approche !
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Photo Stéphane Cassier
La mer sur 800kms...

En fin d’après midi nous les retrouvons arrétés au bord de la route, le buggy connaissant quelques problèmes d’éclairage, c’est d’ailleurs ce moment précis que choisi notre alternateur pour se manifester, en se bloquant à nouveau... Cette fois, même si nous parvenons encore à le débloquer, nous savons que nous devons le ménager si nous voulons l’emmener jusqu’à Dakar. C’est donc sans éclairage que nous reprenons la route, nous raccrochant au buggy Cotel de Philippe Patenotte qui nous ouvre la route, reste 300 kms avant la frontière, chaud devant ! Heureusement la circulation sur cet axe est très limitée mais la situation n’est guère confortable.

Les stations sont plutôt rare le long de cette route, aussi, la dernière avant la frontière sera le point de regroupement d’une partie de la troupe, nous y faisons comme les autres une pause bien méritée. Hélas pour nous les ennuis mécaniques continuent et au moment d’entrer sur le parking j’ai beaucoup de mal à passer les vitesses, de plus, alors que nous pensions nous ravitailler en carburant les pompes sont vides... Nous parvenons toutefois à régler ce point avec manu et André qui pourront nous ravitailler au bivouac.

Il nous faut repartir rapidement car l’heure avance et nous aurons besoin de nous reposer avant l’étape de demain. Tonio reprend le volant et constate effectivement le problème d’embrayage, cette fois ce sera le Land Rover de Tout Terrain Magazine qui jouera pour nous les éclaireurs, j’en profite pour prendre un peu de repos mais celui-ci est de courte durée, je suis réveillé brutalement car nous arrivons sur les lieux d’un accident, hélas il s’agit d’un véhicule du convoi.

Le Camion de Krislander vient de faire plusieurs tonneaux suite à l’éclatement d’un de ses pneus, Christian qui conduisait s’en sort sans bobo , l’un de ses passagers semble plus choqué que blessé, même s’il se plaint de douleurs au dos, mais le second passagers semble plus mal en point. Heureusement dans les quelques minutes qui suivent arrive Christophe à bord d’un autre camion d’assistance, pompier professionnel, il prend immédiatement en charge le blessé.

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Photo ECRT
L’entraide de la Transafricaine

Ce soir, la chance est avec nous, et un véhicule d’assistance médicale arrive également rapidement en renfort.

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Photo ECRT
nettement moins drôle, mais c’est aussi l’Afrique

Pendant ce temps les autres personnes présentes commencent à récupérer le matériel qui se trouvait à bord du camion, et qui est maintenant éparpillé tout autour des lieux de l’accident. A ce moment précis, les concurrents qui ont fait appel à l’assistance de Chrislander se retrouvent avec pour seul matériel pour poursuivre le rallye, celui se trouvant dans leur voiture, c’est à dire quasiment rien.

Ainsi, nous récupérons des malles éventrées contenant les pièces des uns, les vétements et affaires personnelles des autres, les tentes de camping, mais aussi tout l’outillage contenu dans le camion, car même si nous sommes en plein désert, laisser quelques chose ici signifie l’abandonner purement et simplement. Le camion accidenté n’est plus en état de reprendre la route et nous rechargeons dans les quelques camions arrivés sur les lieux, ainsi en moins de 3 heures grace à la solidarité, le convoi peut se remettre en route.

Pour nous, c’est toujours sans éclairage et avec un embrayage récalcitrant, mais nos amies de Tout terrain magazine jouent une fois de plus les poissons pilotes. Nous arrivons enfin au poste de frontière Marocain et malgré l’heure tardive tout se passe bien même si nous devons valider à nouveau nos papiers alors que cela avait déjà été fait la veille.

De là commence le no man’s land entre les 2 frontières et le goudron disparait sur quelques kilomètres, les pistes s’éparpillent alors dans tous les sens et retrouver le poste Mauritanien tiens du jeu de piste... Fort heureusement notre connaissance des lieux nous aide même si nous prenons un passage plus sablonneux que d’habitude, c’est là que nous retrouvons la 2 CV et la Gazelle plantés, pour cette dernière un simple dégonflage permet de repartir, la 2 CV quant à elle se fera tirer et ressortira également facilement de ce mauvais pas.

Arrivé au poste frontière nous nous retrouvons un groupe d’une trentaine de véhicules car il n’est plus possible de passer, ce sans plus d’explications, même le blessé du camion accidenté se retrouve bloqué malgré nos protestations... La fatigue aidant nous choisissons de ne pas discuter et installons un campement de fortune pendant que l’équipe médicale continue les pourparler afin de procéder à l’évacuation.

Au petit matin si celle ci a pu avoir lieu, notre situation n’a pas évoluée, il semble que les autorités Mauritaniennes n’aient pas apprécié notre changement de programme de la veille... Pour rappel notre périple a du se détourner de la Frontière Nord Mauritanienne sur ordre du Quai d’Orsay alors que de son Côté la Mauritanie avait envoyée des troupes à notre rencontre afin d’assurer notre sécurité, on peut comprendre que ce changement de programme ait pu froisser certains !

Commence alors une attente d’autant plus inquiétante que l’on n’en connait pas l’issue, du coup chacun sert les coudes, créant à partir de cette nouvelle péripétie une ambiance exceptionnelle qui finira de sceller le groupe. Nous avons la chance d’avoir avec nous la majorité des camions d’assistance, et donc les réserves de chacun en nourriture, boissons auquelles vient s’ajouter la sonorisation du Team de Philippe Vandromme. Ainsi au milieu de nulle part et surtout en terres musulmanes, l’alcool se met à couler à flots, le jambon et le saucisson sortent des réserves le tout au son des dernieres musiques techno, ambiance Rave party assurée sous les yeux effarés des militaires du poste frontière !

Pendant ce temps l’organisation du rallye venue nous rejoindre, multiplie ses efforts pour débloquer la situation sans résultats. En fin de matinée nous apprenons que nous devrions pouvoir passer après regroupement de l’ensemble de la caravane là où nous sommes bloqués, ce afin de passer ensemble la frontière. Le reste de la troupe dont le bivouac est installé quelques kilomètres plus loin vient donc nous rejoindre, passant à nouveau la frontière en sens inverse. Hélas certaines susceptibilités sont difficiles à calmer et la situation se bloque à nouveau.

Le temps s’écoule et chacun s’occupe à sa manière, musique voir cours de chant pour certains, déchargement des camions ayant récupéré le matériel lors de l’accident de la veille pour d’autres, puis rechargement de celui ci après tri dans d’autres véhicules

Rapidement nous comprenons que compte tenu du retard qui s’accumule il devient inenvisageable que la journée de repos prévue à Chinguetti puisse être maintenue.Chacun se met donc au travail transformant alors cet endroit surréaliste en immense garage. De notre côté nous nous lançons dans une remise en état de l’embrayage dont la fourchette est restée coincé par l’accumulation de poussière, puis vient l’heure d’une vidange bienvenue à laquelle s’ajoute une bonne révision générale. Hélas côté éclairage notre manque de pièces de rechange nous oblige à continuer tel que, en ne sollicitant l’alternateur qu’au minimum.

En fin de journée et après nombres d’appels téléphoniques tant de l’organisation que de participants au relations bien placées un briefing improvisé a lieu. Nous y apprenons que cette fois la situation est débloquée et que nous pourrons reprendre notre route le lendemain matin dès 9 h avec bien sur modification du tracé initial pour nous permettre d’arriver dans les temps à Dakar.

Le camion cuisine nous ayant lui aussi rejoint le bivouac du soir s’organise sous de meilleurs hospices que la veille. La fin de soirée nous donnera l’occasion d’un redémarrage des festivités entamées le matin, les hostilités se poursuivant jusqu’à tard dans la nuit !

Après une courte nuit,le réveil reste matinal afin d’envisager le redémarrage du convoi, mais l’heure de départ annoncée est rapidement dépassée et ce n’est qu’une heure et demie après que le convoi redémarrera au compte goutte... Mais qu’importe nous sommes en territoire Mauritanien et le Rallye continue !

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