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La Transafricaine classic

Journal de Bord, 8 Novembre : Zagora- Goulmine

vendredi 12 janvier 2007 par antoine

Cette fois, nous partons bien reposés, et c’est important car nous attaquons directement en spéciale, pour 21 kms et celle ci se passe sans autre soucis qu’une petite avance au CP et donc une petite pénalité de 16 points... s’en suit une liaison de 24 kms elle aussi tranquille, une bonne journée s’annoncerait elle ?

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Photo Maindru

Hélas le vent va tourner pour nous au km 46, soit au tout début de la 2ème spéciale, celle ci débute par une traversée d’oued très caillouteuse, est ce une pierre ou un bout de ferraille, toujours est il que que crevons 2 roues sur ce passage... En fait l’un des pneus est éventré et l’autre réparable,et même si nous pestons après ce coup du sort, nous déclenchons le chrono et repartons avec seulement 6 mn de retard, mais sans joker puisque nous ne disposions que de 2 roues de secours à bord de l’auto. Aussitôt nous réalisons que nos 2 autres roues transportées par Manu et André (Toyota HJ 45 N° 63) sont devant nous.

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Photo Stéphane Cassier
La Piste très roulante par endroits

Tout en tentant de ne pas perdre trop de temps nous devons rester très vigilant pour ne pas crever à nouveau. Un peu plus loin nous retrouvons l’équipage de Land N° 29 arrêté sur une bifurcation, nous prenons des nouvelles mais il ne s’agit que d’une hésitation dans le road book, nous les remettons sur la bonne voie et repartons. Même si notre cadence baisse afin de préserver les pneumatiques nous parvenons à ne pas accentuer l’écart entre notre chrono et le temps idéal !

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Photo Maindru
ça joue l’attaque !

Mais ce qui aurait pu être une belle journée commence à virer au cauchemar avec une nouvelle crevaison alors que nous n’avons pas parcouru plus de 10 kms ! Nous n’avons plus d’autre choix que de continuer à rouler à plat jusqu’au prochain village soit plus de 60 kms en priant pour y parvenir. Les concurrents qui nous doublent pensent tout d’abord que nous ne nous sommes aperçus de rien mais réalisent vite la situation.

Pour le moment nous progressons à petite vitesse franchissant saignées, marches et autres obstacles en tentant de calculer le retard que nous accumulons, nous parvenons ainsi à rejoindre la grande piste roulante qui rejoint Foum Zguid, mais le pneu fini de se disloquer et nous devons poursuivre sur la jante... C’est le moment que choisirons nos anges gardiens Mathieu et Emmanuel (Mitsubishi N° 80) pour se manifester.(entraide disait Patrick Zaniroli ?)

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Photo Stéphane Cassier
Nos anges gardien arrivent

Laissant de côté toute idée de classement nos amis s’arrêtent et l’assistance se met en place, moi et Mathieu reprenons la piste pour gagner Foum Zguid et y faire réparer nos roues ainsi que celles de nos sauveurs (et oui, nous n’avons pas été les seuls à subir l’acharnement du sort) pendant que Tonio et Emmanuel poursuivent une lente progression sur ce qui reste de la jante !

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Photo Maindru
Arrivée sur Foum Zguid

Arrivés au village nous trouvons facilement un Michelin aussitôt une des roues de la 504 réparée, Mathieu fait demi tour pour rejoindre les éclopés alors que je reste sur place pour surveiller le travail du réparateur.

Bizarrement l’arrivée d’un rallye fait flamber les prix des réparations mais je parviens à obtenir un prix raisonnable en comparaison avec le camion d’assistance qui se présente un peu plus tard !!! Nos roues sont à nouveau en état, même si la plus abimée ne peut plus servir qu’en ultime recours. Tout en patientant, je m’étonne de voir passer la 2ème 504 qui traverse le village à bonne allure ?

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Photo Maindru
Jean Luc Roy en Action !

Je fini mon attente en prenant le thé avec le Michelin mais déjà Tonio et les 2 Frangins me rejoignent et me font découvrir ce qu’il reste de la jante, à savoir le voile, tout le reste ayant purement et simplement disparu ! Heureusement qu’Emmanuel a fait demi tour car notre Orange Mécanique avait du s’arrêter définitivement sur le bord de la piste...

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Photo Maindru

Sans plus tarder, nous reprenons la route vers la spéciale suivante. Le temps d’y arriver Tonio m’explique effectivement avoir lui aussi vu passer l’autre 504 filant bon train sans que celle ci ne s’arrête lui porter secours, Christian et Raphaël expliquerons plus tard que étant eux même largement en retard, ils ne s’étaient pas aperçu de la situation en nous passant.

Le SR suivant est à 50 kms, il nous réserve une surprise ! L’une de nos roues transportée par Manu et André nous y attend, car ceux ci ont été prévenus de notre infortune par les 2 Stéphanes, Cassier et Valéry. Nous allons pouvoir repartir plus sereins, du moins c’est ce que nous pensons, mais c’est sans compter sur la poisse qui s’abat à nouveau sur nous après seulement 1 km avec une nouvelle crevaison. Tant pis nous faisons signe à Mathieu et Emmanuel qui nous suivent de poursuivre leur route et réparons.

Nous constatons ensuite que le train avant à souffert du dernier SR et s’est déréglé, l’auto part en glissade dans chaque courbe mais reste contrôlable décidément c’est notre jour de chance ! Malgré tout nous parvenons à garder le rythme et espérons terminer cette dernière spéciale de la journée sans chuter davantage dans les chronos car hormis cela l’auto marche à merveille.

C’est sans compter le km 55 !!! Il arrive parfois qu’une vitesse saute et que l’auto se retrouve en roue libre quelques mètres, c’est ce à quoi je pense lorsque cela ce produit, mais cette fois, sans que nous ayons le temps de réagir, l’auto s’effondre de l’arrière... Réaction de Tonio : "Là je crois que c’est grave", nous descendons constater les dégâts : La trompette gauche du pont est cassée net entre le tambour et la fixation d’amortisseur, la roue, le tambour et l’arbre de roue ont disparus et ont poursuivi leur chemin sur quelques centaines de mètres...

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Photo ECRT
Moment difficile

Il n’y a plus rien à faire, si ce n’est d’aller chercher une dépanneuse, problème : nous sommes sur une piste désertique, Foum Zguid est à une centaine de kilomètres, et de l’autre côté le plus proche village où l’on puisse se dépanner est Tata à 70 kms. Rapidement un camion d’assistance arrive derrière nous, mais hélas il ne peut rien faire, n’ayant ni pièces ni place pour emmener l’un de nous, il nous offre un Coca pour nous remonter le moral !

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Photo ECRT
Le stop dans le désert,il n’y a que ça de vrai

Arrive ensuite le Land Rover N° 304 de l’assistance belge, heureusement il lui reste une place et il prend Tonio à son bord me laissant seul au milieu de nulle part... Pour quelle attente suis-je parti ? J’essaye d’envisager l’avenir : Il est 15h, le temps pour Tonio de sortir de cette piste, d’aller au village, d’y trouver une dépanneuse, qu’elle se rende disponible, le temps du retour jusqu’ici puis jusqu’au village , trouver les pièces, réparer et rejoindre Goulmine, je pense revoir mon acolyte le lendemain matin et nous vois mal rejoindre le rallye avant la fin de journée de demain...

Ma méditation est interrompue par l’arrivée du camion balais, le règlement du rallye est simple : Tout pilote qui refuse de monter à bord du véhicule balais le fait sous sa responsabilité et doit signer une décharge vis à vis de l’organisation, je serai donc le premier à le faire. C’est ainsi que je me retrouve cette fois seul pour de bon puisque plus aucun véhicule du rallye ne suit. Sympa Pascal et Michel m’ont laissé du pain et de l’eau avant de repartir. Je meuble le temps en rangeant un peu l’auto et me replonge dans la préparation du road book (abandonner n’est bien évidement pas au programme).

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Photo ECRT
Cherchez pas le paysage ne change guère sur 360°...

Une heure plus tard un bruit de moteur me réveille, 3 motos tous terrains arrivent, 1 Espagnol et 2 Belges en raid sans aucune assistance qui rejoignent Tata terme de leur étape du jour, après discussion ils repartent et je me remets au travail sur mon road book.

C’est avant la tombée de la nuit que j’ai la surprise de voir un pick up Toyota de l’armée Marocaine me ramener mon Tonio qui a retrouvé le sourire. En effet s’étant arrêté au poste militaire qui se trouve peu avant la sortie de la piste pour y demander conseil, Tonio a fait la connaissance du colonel responsable du site. Celui ci a aussitôt décidé de nous venir en aide directement, se déplaçant lui même sur le lieux de notre avarie et y faisant venir une dépanneuse militaire pendant que ses hommes rechercheraient les pièces nécessaires par radio. Notre moral remonte instantanément et effectivement une dépanneuse 6 roues motrices ne tarde pas à faire son apparition. Le seul problème vient du fait qu’elle n’est équipée que d’un portique et d’un palan d’où un accrochage difficile de l’auto. Finalement nous passons des sangles autour du pont même si elles viennent en appui sous le plancher de coffre, mais nous n’avons guère le choix et c’est à la nuit tombante que le convoi reprend la piste, direction Tata où devrait se faire la réparation.

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Photo ECRT
Grands maux, grands remèdes !

La piste est chaotique et c’est depuis le pick up du colonel que nous suivons la lente progression de notre auto, un épais nuage de poussière se dégage du camion qui la tracte, aussi roulons nous le plus souvent en hors piste afin de contrôler que tout se passe bien.

Régulièrement le colonel quitte carrément la piste empruntée par le camion et nous ne tardons pas à comprendre en voyant des lampes électriques clignotant dans la nuit, qu’en fait il en profite pour faire la tournée des sentinelles disséminées un peu partout dans une zone que nous pensions désertique ! La proximité de l’Algérie en est la cause et le secteur est truffés de gardes en armes heureusement que nous sommes dans une période calme !

Puis, malgré un éclairage fantaisiste du pick up et le fait que nous soyons hors piste, nous rejoignons sans trainer le camion qui poursuit sa route alternant entre une petite vitesse de croisière et des passages au ralenti tant la piste comporte des cuvettes et des saignées. Tout en progressant, les hommes placés à l’arrière recherche toujours pièces et mécano par radio, le côté amusant de l’histoire est qu’il n’y a pas de communication directe entre l’arrière et l’avant du véhicule, les échanges se font donc par l’extérieur via la fenêtre de notre chauffeur... Et c’est ainsi que nous apprenons que le mécano a été trouvé et attend notre arrivée à Tata, par contre toujours pas de pièces en vue.

Au moment ou nous rejoignons le poste militaire qui marque la sortie de la zone militaire ce problème n’est toujours pas résolu, mais le colonel garde espoir. Nous continuons donc notre route vers Tata qui se trouve encore à une quinzaine de kilomètre quand la radio nous apprend que le miracle s’est produit, un chauffeur de taxi vient de rentrer de sa journée de travail et accepte que vous venions démonter sa voiture dans son garage !!! Nous croyons rêver ! Il est 21h30 quand nous le rejoignons et après négociation appuyée par le colonel nous pouvons commencer le démontage qui se fait rapidement, notre ami taxi s’occupera demain de remettre en état son véhicule. Il ne nous reste plus qu’à nous rendre à Tata ou nous retrouvons le mécano, le temps de rouvrir son atelier il se met au travail sur le pont tandis que nous remettons en état le train avant.

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Photo ECRT
Nous avons la nuit devant nous, alors !

Nous découvrons également que le remorquage à laisser des traces à notre auto, jupe arrière et plancher n’ont pas pas apprécié le traitement que nous leur avons fait subir, mais qu’importe !

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Photo ECRT
Il y a quand même du boulot

Le colonel ne nous laissera repartir qu’après nous avoir fait servir un repas par ses hommes c’est donc sur une table de fortune installée près de notre voiture que nous reprenons des forces en dégustant un succulent lapin aux raisins. L’heure tourne et vers 1h30 nous reprenons la route pour Goulmine soit environ 300 kms je prends le volant afin de permettre à Tonio de se reposer un peu, c’est l’occasion d’apprécier les boissons énergisante que nous avons eu la bonne idée d’emporter.

l’arrivée au bivouac se fait vers 5 heures et alors que certains se lèvent déjà, nous allons dormir une petite heure avant de reprendre la course, fatigués mais heureux.

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Photo Maindru
Nous n’aurons pas vu grand chose de ce bivouac

9 Novembre : Goulmine-Smara

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